La Somalie est confrontée à une grave crise de malnutrition, exacerbée par une sécheresse prolongée, un conflit en cours, une instabilité économique et un système de santé fragile. Les régions de Baidoa et de Mudug, où travaille MSF, illustrent la crise qui sévit à travers le pays, avec des milliers d’enfants menacés de malnutrition sévère et de ses conséquences potentiellement mortelles en raison d’un manque de financement, le sous-financement chronique a paralysé les efforts humanitaires, obligeant les programmes de nutrition essentiels à réduire leurs activités ou à fermer. La menace imminente d’une sécheresse provoquée par La Niña en 2025 pourrait pousser les populations vulnérables dans une situation encore plus désastreuse.
MSF appelle de toute urgence les donateurs et les organisations humanitaires à prendre des mesures immédiates pour prévenir des souffrances généralisées, car les conséquences pourraient être catastrophiques, Klimo Mohammed Nour n’a pas eu d’autre choix que de prendre un risque désespéré. La faim avait eu raison de ses jumeaux, leurs petits corps affaiblis par des vomissements et des diarrhées répétés. Il emprunta donc assez d’argent pour une journée de voyage – une somme qui lui prendrait des mois à réunir – et entreprit le pénible voyage jusqu’à Baidoa. La route était longue et la chaleur intense, mais les soins médicaux gratuits dont il avait entendu parler à l’hôpital régional de Bay étaient son dernier espoir.
« J’ai dû contracter un prêt d’environ 130 dollars et parcourir 300 kilomètres jusqu’à Baidoa pour obtenir des soins médicaux gratuits », explique Clemo, dont les fils jumeaux ont reçu un traitement contre la malnutrition aiguë sévère à l’hôpital régional de Bay, soutenu par MSF. Ils étaient très jeunes et nous pouvions à peine nous permettre de manger suffisamment. Ils étaient tous les deux très malades, l’histoire de Clemo – marquée par la pauvreté, l’éloignement et le manque de services locaux – reflète la dure réalité qui empêche d’innombrables familles d’accéder aux soins. En Somalie, les traitements vitaux sont devenus un privilège réservé à quelques-uns, à Baidoa et Mudug, la malnutrition est devenue une crise permanente et non plus un problème saisonnier.
