Société

« J’ai failli mourir » : Taba, la drogue du tabac que les Gambiennes partagent en secret

Par un après-midi humide de mars, dans la banlieue de Banjul, une femme connue sous le nom de Saf* porte un panier de plantes de son jardin. Se déplaçant avec empressement pour éviter les regards indiscrets, elle se dirige vers un endroit caché, où l’air est chargé de l’odeur terreuse des feuilles de tabac brutes, non transformées, attendant d’être transformées en taba, une drogue populaire, soudain, son téléphone sonne. Une cliente. Elle sourit d’un air entendu. « C’est l’une de mes préférées, car elle revient sans cesse », dit Saf, dont le nom est un mot de code signifiant « sucré » en wolof.

Le secret est important, affirme cette vendeuse de taba de 68 ans, qui depuis des décennies fabrique et vend discrètement cette substance aux femmes, le taba, mot mandingue local désignant le tabac en poudre, est consommé en Gambie depuis des générations, généralement fumé, prisé ou mâché. Mais ces dernières années, le taba, modifié par l’ajout d’autres substances à la poudre de tabac, est utilisé à des fins différentes, des vendeurs comme Saf prennent du taba ordinaire et le mélangent à des produits chimiques puissants pour en renforcer l’effet enivrant. De nombreuses femmes l’utilisent ensuite par voie vaginale, croyant qu’il améliore le plaisir sexuel, parallèlement, d’autres, dont des guérisseurs traditionnels, insistent sur les vertus médicinales de son utilisation intravaginale, qu’il s’agisse d’aider à traiter les infections génitales et les maux de tête, ou encore des affections comme l’épilepsie, l’hypertension et la stérilité, bien que ces propriétés restent médicalement non prouvées.

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Bien que le taba ne soit pas illégal, les autorités sanitaires, les médecins et les militants en Gambie mettent en garde contre ses dangers et mettent en garde contre son utilisation. Pourtant, de nombreuses femmes continuent d’en consommer, marié depuis dix ans, le mari de Fatmata est parti en Europe trois ans seulement après leur mariage. Mal supportant son absence, un ami proche lui a fait découvrir le t

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